Mon contrat de site internet : ce que dit la loi
Un site vendu par abonnement, un engagement de plusieurs années, un démarchage dont vous n'êtes plus sûr : voici les textes de loi, expliqués simplement, et les endroits où obtenir un avis gratuit.
Page d'information. Mise à jour le . Elle expose l'état du droit, elle n'analyse aucune situation particulière.
- La façon dont vous avez signé change tout
- Le droit de rétractation, quand il existe
- Quand l'information n'a pas été donnée
- Le cas discuté des sites internet
- Durée d'engagement et reconduction
- Le formulaire type officiel de rétractation
- Un modèle de lettre de résiliation à l'échéance
- Où obtenir un avis gratuit
1. La façon dont vous avez signé change tout
Le code de la consommation distingue plusieurs manières de conclure un contrat, et il ne les protège pas de la même façon. Trois cas reviennent souvent pour un site internet.
Pourquoi c'est important : certaines protections que le code réserve d'abord aux particuliers sont étendues à de petits professionnels, mais seulement pour les contrats conclus hors établissement, c'est-à-dire en présence d'un commercial.
Autrement dit, la loi vise ici le professionnel de cinq salariés au plus, sollicité pour quelque chose qui n'est pas son métier principal (un boulanger pour un site internet, par exemple), et qui a signé en présence d'un commercial. Un contrat conclu au téléphone n'entre pas dans cette définition du « hors établissement ».
2. Le droit de rétractation, quand il existe
Pour les contrats concernés, la loi ouvre un délai de rétractation de quatorze jours, sans avoir à se justifier.
Le point de départ et l'existence même de ce droit dépendent du type de contrat et de son objet. C'est précisément ce qui se discute pour les sites internet (voir le point 4).
3. Quand l'information sur la rétractation n'a pas été donnée
Lorsque le droit de rétractation s'applique et que le vendeur n'a pas informé le client de ce droit, la loi allonge fortement le délai.
Là encore, cette prolongation ne joue que pour les contrats auxquels le droit de rétractation s'applique.
Deux affaires publiques, lues en entier, montrent ce que ça change en pratique. Toutes deux concernent un contrat de site de 48 mois de la société Local.fr, d'un total de 6 121,20 €. Elles finissent à l'opposé l'une de l'autre.
Au passage : le « 7° » qu'on lit dans ce texte se dit « septièmement ». C'est ainsi que le code numérote les paragraphes d'un article, et on en croisera un autre plus bas.
4. Le cas discuté des sites internet
Faut-il voir dans la création d'un site internet une prestation de services, qui ouvre le droit de rétractation, ou une fourniture de « contenu numérique », qui peut l'écarter ? Les tribunaux ne répondent pas tous de la même façon, et la question n'est pas tranchée de manière définitive au plan national.
Ce treizième point de la liste est celui qu'on invoque pour les sites internet. Il se lit en entier : l'exception ne vaut que si les trois conditions sont réunies en même temps. Il ne suffit pas que le travail ait commencé : il faut que le client ait donné son accord exprès pour qu'il commence, qu'il ait reconnu par écrit qu'il perdait son droit de rétractation, et que le vendeur lui ait confirmé cet accord.
Des cours d'appel ont jugé dans les deux sens en 2025 et 2026. Certaines décisions retiennent qu'un contrat de site internet peut relever de ce cas particulier ; d'autres refusent cette qualification, notamment lorsque le client n'a pas reçu le code du site. Plusieurs de ces décisions rappellent aussi que, même quand l'exception s'applique, le vendeur doit avoir informé le client qu'il ne bénéficiait pas de la rétractation.
Cette lecture est défavorable au client qui comptait attendre la livraison de son site pour faire courir son délai, et nous la citons quand même : cette page vaut par ce qu'elle dit de vrai, pas par ce qui arrange. En revanche, la prolongation de douze mois en cas d'information manquante (article L221-20, point 3 ci-dessus) n'est pas remise en cause : la Cour la rappelle dans ce même arrêt. L'affaire est renvoyée devant la cour d'appel d'Amiens, elle n'est pas jugée au fond. Votre propre délai reste une question d'espèce, à faire examiner.
5. Durée d'engagement et reconduction
Un contrat peut prévoir une durée d'engagement ferme (par exemple plusieurs années) et se reconduire tout seul à l'échéance. Pour les contrats concernés, la loi impose au professionnel de prévenir le client avant la date limite pour refuser cette reconduction.
Le champ de cette obligation et son application à un contrat entre professionnels dépendent de la qualité des parties. Votre contrat indique normalement sa durée, sa date d'échéance et les conditions pour ne pas le reconduire : ce sont les premières lignes à relire.
6. Le formulaire type officiel de rétractation
Quand le droit de rétractation s'applique, la loi met à disposition un modèle officiel de formulaire. Le voici, reproduit tel qu'il figure au code. Il est public, vous pouvez le recopier. Nous ne le remplissons pas à votre place : le remplir pour vous serait rédiger un acte.
(Veuillez compléter et renvoyer le présent formulaire uniquement si vous souhaitez vous rétracter du contrat.)
À l'attention de [le professionnel insère ici son nom, son adresse géographique et son adresse électronique] :
Je/nous (*) vous notifie/notifions (*) par la présente ma/notre (*) rétractation du contrat portant sur la vente du bien (*)/pour la prestation de services (*) ci-dessous :
Commandé le (*)/reçu le (*) :
Nom du (des) consommateur(s) :
Adresse du (des) consommateur(s) :
Signature du (des) consommateur(s) (uniquement en cas de notification du présent formulaire sur papier) :
Date :
(*) Rayez la mention inutile.
Ce formulaire suppose que vous soyez dans un cas où la rétractation s'applique et où le délai court encore. Ces deux conditions, seul l'examen de votre contrat permet de les vérifier.
Un modèle de lettre de résiliation à l'échéance
Beaucoup de contrats de site se reconduisent tacitement si l'on ne les dénonce pas dans les délais (souvent deux ou trois mois avant l'échéance : votre contrat fait foi). Voici une trame de lettre, à adapter et à envoyer en recommandé avec accusé de réception. Elle vise la résiliation À L'ÉCHÉANCE, le cas le plus sûr ; pour une sortie anticipée, voyez les recours plus bas, votre situation doit être examinée.
Objet : dénonciation du contrat n° [numéro] — lettre recommandée avec AR.
Madame, Monsieur,
Par la présente, je dénonce le contrat cité en objet, conclu le [date], et m'oppose à sa reconduction tacite. Il prendra donc fin à son échéance du [date d'échéance], conformément à ses stipulations.
Je vous demande de m'en accuser réception, de me confirmer par écrit la date de fin effective, et de me transmettre avant cette date : le code de transfert de mon nom de domaine, ainsi que la copie des fichiers de mon site si le contrat en prévoit la remise.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. [Signature]
Un point souvent découvert trop tard : le contrat de site est parfois DOUBLÉ d'un contrat de location financière souscrit auprès d'un organisme tiers (Locam, par exemple), juridiquement distinct du prestataire. C'est alors cet organisme qui prélève, et résilier l'un n'éteint pas l'autre : les deux contrats doivent être examinés chacun pour soi. Si vous voyez un prélèvement d'un nom que vous ne connaissez pas, commencez par relire ce second contrat.
La leçon de cet arrêt : quand le contrat est coupé en deux, se fâcher avec celui qui a vendu ne libère pas de celui qui prélève. Les deux contrats ont chacun leur vie, et chacun doit être traité par écrit.
Si on vous démarche au sujet de la facturation électronique, la page dédiée dit ce que la loi prévoit.
7. Où obtenir un avis gratuit sur votre situation
Ces organismes examinent votre cas. La plupart sont gratuits.
Cette page réunit des informations à caractère documentaire au sens de l'article 66-1 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971. Elle ne constitue pas une consultation juridique et ne tient pas compte de votre situation particulière. Les textes cités sont ceux en vigueur à la date de mise à jour indiquée en haut de page ; vérifiez-les sur legifrance.gouv.fr, qui fait foi. Pour toute décision, adressez-vous à l'un des recours ci-dessus ou à un professionnel du droit.
Pour finir, quelque chose qui n'est pas du droit
Votre contrat, on ne peut pas vous en parler. Votre site, si.
Si vous êtes arrivé jusqu'ici, c'est sans doute que quelque chose vous gêne dans ce que vous payez tous les mois. Le contrat, ce n'est pas notre métier. Le site, c'est exactement notre métier.
On le regarde comme le ferait un de vos clients : le temps qu'il met à s'afficher sur un téléphone, si votre numéro s'appelle en un seul geste, si vos horaires sont justes, ce qu'on trouve de vous sur Google. On vous remet le relevé par écrit. Il est à vous et il le reste, que vous travailliez avec nous ou non.
Demander le relevé de mon siteC'est gratuit et sans engagement. Et ça ne porte que sur votre site : pour votre contrat, ce sont les recours ci-dessus qu'il faut appeler, pas nous.